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Séquence le débat d'idées 

SEQUENCE MISE A JOUR
 

Proposition de quiz pour aborder le corpus

Quelques repérages, guidés, en guise d'introduction aux 3 textes de MONTAIGNE qui constituent le socle de notre séquence

 

Oeuvre intégrale par extraits: édition

conseillée seulement (pour sa traduction en français moderne par André LANLY)

 

Évaluation de mi- séquence (FACULATIVE)

Commentaire de texte à télécharger ici

à partir de Frantz FANON présenté sur ce site académique martiniquais mais aussi sur la première chaîne publique martiniquaise

 

http://www.seuil.com/ouvrage/peau-noire-masques-blancs-frantz-fanon/9782020023740http://www.seuil.com/ouvrage/peau-noire-masques-blancs-frantz-fanon/9782020023740

 

= DM facultatif mais vivement conseillé, de préférence par email, aux formats word, OpenOffice ou google doc pour le 02/04/2020.

On peut aussi écouter les mot de Frantz FANON mis en musique par Jacques COURSIL.

 

Présentation de Montaigne

    • par Blanche CERQUIGLINI, éditrice (éd. Gallimard/Folio)

 

  • par André COMTE-SPONVILLE (philosophe)

  

  • Par Antoine COMPAGNON (prof.de littérature française au Collège de France)


 
Montaigne, homme pluriel, mais livre unique (les Essais) :
 
Moi à cette heure, et moi tantôt, sommes bien deux. Quand meilleur, je n’en puis rien dire. (1505)
 (...)
 Je n’ai pas plus fait mon livre, que mon livre m’a fait. Livre consubstantiel à son auteur » (II, 18, 665, 1026) ; et « qui touche l’un, touche l’autre (III, 2, 806, 1258).
 

 

Sur "les Cannibales"

 

Montaigne vu par une historienne: son rapport aux autres mondes

 

L'invention du "sauvage"

présentation de l'exposition (Paris Quai Branly puis Liège puis au Mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre) avec son commissaire, l'historien Pascal BLANCHARD

 

Aux origines du "bon sauvage" 

Jean de LERY, Histoire d’un Voyage fait en la terre du Brésil (1578)

L’Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil constitue l’œuvre principale de Jean de Léry. Dans ce tableau du monde sauvage, l’auteur dépeint la nature brésilienne et les coutumes de l’ethnie « Tupinamba ».

Toutefois avant de clore ce chapitre, c'est ici le lieu de répondre tant à ceux qui ont écrit, qu’à ceux qui pensent que la fréquentation entre ces sauvages tout nus, et principalement celle des femmes, incite à lubricité et paillardise. Sur quoi je dirai en un mot, qu'il est vrai, comme on peut s'y attendre, qu' il n’y a que trop d’occasion d’observer qu’outre la malhonnêteté de voir ces femmes nues, cela ne semble aussi servir comme d’un appât ordinaire pour susciter la convoitise : toutefois, pour en parler selon ce qui s'en est communément aperçu alors, cette nudité, si grossière chez ses femmes est beaucoup moins attrayante qu’on ne croirait. Et partant, je maintiens que les parures, fards, fausses perruques, cheveux tortillés, grands collets frisés, vertugadins, robes sur robes, et autres infinies bagatelles dont les femmes et filles de par deçà se contrefont et n’ont jamais assez, sont sans comparaison, cause de plus de maux que n’est la nudité ordinaire des femmes sauvages : lesquelles cependant, quant au naturel, ne doivent rien aux autres en beauté. A tel point que si l’honnêteté me permettait d’en dire davantage, me vantant de bien résoudre toutes les objections qu’on pourrait amener au contraire, j’en donnerais des raisons si évidentes que nul ne pourrait les nier. Sans donc poursuivre ce propos plus avant, je me rapporte de ce peu que j’en ai dit à ceux qui ont fait le voyage en la terre du Brésil, et qui comme moi ont vu les unes et les autres.

Ce n’est cependant que contre ce qu'enseigne la sainte Ecriture d’Adam et Eve, lesquels après le péché, reconnaissant qu’ils étaient nus furent honteux, je veuille en façon que ce soit approuver cette nudité : plutôt détesterai-je les hérétiques qui contre la Loi de nature (laquelle toutefois quant à ce point n’est nullement observée entre nos pauvres Américains) l’ont toutefois voulu introduire Mais ce que j’ai dit de ces sauvages est, pour montrer qu’en les condamnant si austèrement, de ce que sans nulle vergogne ils vont ainsi le corps entièrement découvert, nous ne sommes pas plus louable avec nos excès en l'autre extrémité, c'est à dire par notre luxe,nos superfluités et excès en habits. Et plût à Dieu, pour mettre fin à ce point, que chacun d'entre nous s’habillât modestement plus pour l’honnêteté et nécessité, que pour la gloire et mondanité.

 

Paul GAUGUIN et le mythe du "bon sauvage"

cf. https://www.franceculture.fr/philosophie/gauguin-ou-la-vie-sauvage-jetais-un-autre-homme-un-sauvage-un-maori

 

Le discours de l'anthropologue

Claude LEVI-STRAUSS, Race et Histoire (1968)

L'attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu'elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. « Habitudes de sauvages », « cela n'est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela », etc.., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. Ainsi l'Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens. Or, derrière ces épithètes se dissimule un même jugement: il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l'inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain; et sauvage, qui veut dire «de la forêt », évoque aussi un genre de vie animal par opposition à la culture humaine. [...]

L'humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village; à tel point qu'un grand nombre de populations dites primitives se désignent elles-mêmes d'un nom qui signifie les «hommes » (ou parfois - dirons-nous avec plus de discrétion? - les « bons », les « excellents » , les « complets »), impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus ou même de la nature humaine, mais qu'ils sont tout au plus composés de «mauvais», de « méchants », de « singes de terre » ou « d'œufs de pou ». On va souvent jusqu'à priver l'étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant un « fantôme » ou une « apparition». Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique. Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l'Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d'enquête pour rechercher si les indigènes avaient ou non une âme, ces derniers s'employaient à immerger des Blancs prisonniers, afin de vérifier, par une surveillance prolongée, si leur cadavre était ou non sujet à la putréfaction. [...]

En refusant l'humanité à ceux qui apparaissent comme les plus « sauvages » ou « barbares » de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques. Le barbare, c'est d'abord l'homme qui croit à la barbarie".

 

Paradise lost ?

Le travail de Lisa REIHANA, artiste plasticienne néo-zélandaise (descendante de Maoris par son père), revient sur l'installation des colons blancs, dans une installation vidéo très remarquée, présentée récemment au Quai Branly; elle dénonce le mythe des "bons sauvages" civilisés ("policés" dirait-on au 16e s. de MONTAIGNE par l'homme blanc:

 

 

 

Évaluation de fin de séquence 

DISSERTATION à rendre le lundi 11 mai 2020, sujet ici